Vernissage Christian Bonnefoi







Vernissage Christian Bonnefoi




 
Christian BONNEFOI

" Visite à Zulma "

 

Exposition  du vendredi 15 septembre au samedi 21 octobre 2017

Vernissage vendredi 15 septembre à 18h30


Rencontre et dialogue avec l'artiste samedi 30 septembre de 16h à 19h
en présence de l'écrivain François Boddaert


 



Né en 1948 à Salindres, Christian Bonnefoi vit et travaille à Gy-les-Nonains (France).

Principal représentant de la peinture contemporaine, il est à la fois historien de l’art et artiste. Une exposition-rétrospective de son œuvre a été présentée au centre Pompidou en 2008. Les compositions-collages et les peintures de l’artiste représentent des courbes, des rotations, des spires, des lacis ou des entrelacs ; tels des graffitis circulaires, elles sont composées de papiers de soie ou de peintures sur tarlatane rappelant l’univers de Matisse ou de Picasso. Cette exposition présente un travail récent de l’artiste dont ses tableaux Bi-faces qui permettent au spectateur de voir à la fois le recto et le verso-dos des œuvres. La peinture se transforme en sculpture tridimensionnelle ou en installation. Les Bi-faces sont dans la raréfaction de la couleur du gris au noir mais surtout dans l’accroissement de la transparence et de la lumière. A l’inverse, les compositions-collages de l’artiste comme « le baiser de Madame Proust », représentent un mode d’exposition opposé à celui du tableau délimité par le cadre ou le châssis. La surface des collages dépend de celle du mur d’exposition et les œuvres se métamorphosent en fonction des lieux comme si elles étaient en perpétuel devenir telles des « corps migratoires ».



 

                                               HORS LIMITES

 
Visite à Zulma — la pièce maîtresse de cette exposition pose d’emblée un problème majeur. Comment la définir ? Comment l’inscrire dans le continuum de l’aventure « technique » de l’art moderne qui, des papiers collés de Braque et Picasso en passant par Support-surface («la simple mise à nu des éléments picturaux qui constituent le fait pictural. »), cherche la pierre philosophale du subjectile (et la désormais classique querelle du tableau / non-tableau)? Christian Bonnefoi nous attire ici dans un objet esthétique (9m x 2m80) qui est à la fois une grande fresque aérienne (peau caressant le mur porteur), une œuvre ontologiquement spaciale qui veut, par son extension même, l’illimité ; un codex de papier où des fragments de l’histoire du monde et de l’art s’affrontent en se complétant. Il s’agit évidemment (connaissant son travail) des enjeux esthétiques contemporains — quand bien même l’artiste y voit-il aussi une métaphore de la migration des papillons Monarque au Mexique ! — qui se heurtent en produisant une manière de bing bang coloré émiettant des fragments de (par exemple)  Matisse, Miro, Malévitch (l’un des héros des « Hommes illustres » de Bonnefoi — crayon/collage) ou Picasso. Ainsi peut-on retrouver dans la gueule ouverte (à droite) un peu de Guernica (1), à gauche les formes orbiculaires, parfois élastiquement étirées, du « catalan international » ; dans les parties hautes, le disputant à une certaine géométrie et aux plages unicolores qui doivent à Malévitch, quelque chose des bleu-vert-rose si particuliers à la grande et belle Zulma nue de Matisse. On peut aussi lire la sphère centrale (rose vineux) comme un noyau autour de quoi graviteraient, mais pour lui échapper, les disjonctions épars de l’origine du monde, de la forme primordiale pulvérisée en autant d’aventures esthétiques formelles — vision osirienne d’une dé-formation que l’œuvre au mur réunirait en une corporéité idéale et fugace où les cercles concentriques, récurrents chez ce peintre depuis la série « Ludo », rompent la tentation géométrique en brisant l’unité des plages colorées. Cette momentanéité possible, qui semble bien être l’enjeu réel de cette fresque aérienne ( sur la peau de papier, revoici les papillons errants !) dont les éléments picturaux et graphiques errent à la recherche d’une unité éphémère, a sans doute à voir  secrètement avec le nom même de Zulma dont on ne sait pas grand chose dans sa rareté : il nomme la gouache de Matisse, il prénomma l’égérie de Balzac (Zulma Carraud), et fut célébré par Tristan Corbière sous les traits d’une fille légère — « vierge folle hors barrière et d’un louis ». Hétéronymes, à la fin, de la déesse-mère (des arts évidemment) hors limites donc ?

On n’est jamais indemne de ses influences (on le dit). Mais les références — révérence et clin d’œil — plus ou moins volontaires dans cette Visite à Zulma ne s’envisagent qu’avec le rôle presque classique d’une pièce maîtresse étalonnant la manière de Christian Bonnefoi en structurant l’ensemble des œuvres montrées ; un polyptyque et sa garde rapprochée, où la « réplique » réinterprétée de la Zulma éponyme, ses déclinaisons en rouge majeur ou en jaune, et les grands et saisissants « bifaces » en pied de tradition babélienne (une période de l’artiste particulièrement caractéristique de son travail des années quatre-vingt-dix) organisent l’espace dans le labyrinthe de l’œuvre en cours. Pièces détachées d’un Tout en devenir, migrant à travers l’œuvre et dans l’espace de monstration — flux des papillons Monarque forcément hors limites!

 

                                                                     François Boddaert

 

 

 

1. Le peintre y voit plutôt une réminiscence du dragon du Livre d’heure gothique de Yolande de Soissons. On peut songer également à l’Ankou des Bretons !

 

 

                                                              © Camille Bonnefoi
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Finissage musical
                         

                                samedi 21 octobre à 16h - Récital de piano de Frédéric Couraillon



 


Entrée libre

Galerie municipale Julio Gonzalez

21 avenue Paul Doumer

94110 Arcueil


Tel : 01 46 15 09 75/89

HORAIRES D'OUVERTURE

Mercredis et samedis de 14h à 19h

Jeudis et vendredis 16h à 19h


MOYENS D’ACCÈS

En voiture : Porte d’Orléans N20

Place de la Vache-Noire,

parking de l’Hôtel de ville


En transports en commun :

RER B - LAPLACE

Bus 323/380- arrêt Hôtel de ville

Bus 184 - arrêt Paul Doumer

Bus 57 - arrêt Laplace